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Interview avec Alexia Bertrand et David Leisterh, députés MR: „Nous gardons le souvenir d’un service professionnel et de qualité avec des travailleurs roumains courageux et disciplinés”.

„L’entrepreneuriat est avant tout un état d’esprit qu’il faut pouvoir susciter et faire émerger, peu importe le sexe, le public, l’origine, voire l’âge. Il faut mettre un terme à l’idée préconçue qui est de dire que l’entrepreneuriat est exclusivement réservé aux hommes ou aux populations qui ont eu la chance de poursuivre de longues études ou aisées”.

„Les entrepreneurs issus de la diversité ont déclaré ne pas éprouver plus de difficulté que les autres entrepreneurs d’origine belge. Ils estiment,par contre, que les difficultés d’accès au financement, la méconnaissance des organismes clés et la sous-utilisation des aides disponibles, à cause de lourdeurs administratives, sont identiquement partagées”.

„Des nombreuses études ont démontré que lorsqu’une fonction dirigeante était occupée par une femme, l’entreprise, qu’elle soit une PME ou une multinationale, enregistrait de meilleures performances en termes de management ou réduction de risque de faillite”.

Pour la plupart des Roumains qui arrivent en Belgique, créer une société et travailler sous le régime des indépendants semble la solution la plus facile et la plus rapide pour une première intégration dans le pays d’accueil. Qu’il s’agisse du domaine de la construction, de la beauté, des titres services, horeca ou encore du domaine médical, les Roumains vivant en Belgique choisissent dans la majorité d’être indépendants et autonomes, peu importe les difficultés rencontrées.

Afin de mieux appréhender comment l’entrepreneuriat étranger et roumain de surcroît est perçu par la classe politique belge, quels sont les problèmes les plus fréquents croisés par les indépendants, et aussi, pour comprendre mieux pourquoi si peu des femmes choisissent cette voie professionnelle de l’entrepreneuriat, nous avons demandé l’avis de deux membres du Parlement bruxellois, les députés libéraux Alexia Bertrand, cheffe du groupe Mouvement Réformateur (MR) au Parlement bruxellois et David Leisterh, président de la Régionale MR. 

Roexpat: Quels seraient, selon vous, les problèmes les plus fréquents des indépendants/entrepreneurs étrangers en Belgique?

Alexia Bertrand&David Leisterh: D’après une étude réalisée par Hub.Brussels en 2019, auprès de plus de 1000 commerçants, les entrepreneurs issus de la diversité ont déclaré ne pas éprouver plus de difficulté que les autres entrepreneurs d’origine belge. En effet, la diversité ne serait pas un frein à leur parcours entrepreneurial. Ils estiment par contre que les difficultés d’accès au financement, la méconnaissance des organismes clés et la sous-utilisation des aides disponibles sont identiquement partagés.

À cela, nous plaidons évidemment pour un allègement de la lourdeur administrative et une harmonisation des régimes entre les Régions. Par exemple, l’accès à la profession constitue un régime encore différent selon que l’on soit en Flandre ou à Bruxelles.

Enfin, une autre innovation serait de rendre l’information plus lisible pour le citoyen, en particulier lorsqu’on connaît la complexité institutionnelle de notre pays.

Roexpat: Un entrepreneur d’origine étrangère présente-t-il moins de confiance pour faire des affaires ensemble?

Alexia Bertrand&David Leisterh:  Non. Comme partout, il faut se faire connaître, fonder sa réputation et montrer qu’on est un partenaire fiable, mais cela vaut tant pour les Belges que pour les étrangers ! 

Roexpat: On sait que 34% des indépendants belges sont de femmes. Pourquoi si peu, à votre avis? Le manque des modèles, le manque du temps (elles doivent s’occuper aussi des enfants, maison, etc.), le manque de soutien de la part de l’État ? Autres ?

Alexia Bertrand&David Leisterh: À Bruxelles en 2018, plus de 27.000 femmes âgées de moins de 65 ans, soit 10% des Bruxelloises exerçant une activité professionnelle, étaient assujetties à la sécurité sociale des travailleurs indépendants. En dix ans, le nombre de femmes indépendantes en Région bruxelloise a augmenté de 30% et celui des femmes indépendantes complémentaires de plus de 50%.

Ces chiffres sont évidemment encourageants, mais des améliorations peuvent évidemment être apportées dans tous les domaines, en particulier s’agissant de l’entrepreneuriat féminin et celui à destination des entrepreneurs d’origine étrangère.

Les raisons que vous évoquez (le manque des modeles, du temps etc.)  sont toutes justes mais surtout, les femmes n’ont historiquement pas été assez poussées à devenir indépendantes. Ce n’était pas une voie dans laquelle les femmes ont été dirigées mais, heureusement, les temps changent !

Qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, et même si le phénomène concerne effectivement plus particulièrement les femmes, il y a, aujourd’hui, encore trop de barrières et de freins à l’entrepreneuriat de manière générale.

De multiples leviers pourraient être créés pour susciter cette vocation et un véritable travail sur les mentalités doit être effectué et ce, dès le plus jeune âge. Il faut se dire que l’entrepreneuriat est avant tout un état d’esprit qu’il faut pouvoir susciter et faire émerger, peu importe le sexe, le public, l’origine, voire l’âge. Il faut mettre un terme à l’idée préconçue qui est de dire que l’entrepreneuriat est exclusivement réservé aux hommes ou aux populations qui ont eu la chance de poursuivre de longues études.

Roexpat: Quels seraient, selon vous, les problèmes plus fréquents des femmes indépendantes? Sont-elles d’une façon ou autre encouragées au quotidien ou soutenues par l’Etat belge? 

Alexia Bertrand&David Leisterh: A nouveau, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes entrepreneurs, les difficultés restent importantes et non négligeables. Citons en l’occurrence la lourdeur des horaires, la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle, le manque de sécurité financière et la lourdeur administrative qui empiète sur le temps disponible pour l’activité de base.

Cependant, concernant les femmes spécifiquement, nous encourageons vivement la multiplication, de la part des autorités, d’initiatives innovantes telles que Women in Business. Celle-ci a en effet pour vocation de délivrer à ces femmes un soutien et un espace de parole afin qu’elles échangent sur les difficultés éprouvées et sur les pistes de solutions possibles.

Enfin, d’autres mesures pourraient être implémentées pour faciliter le parcours des entrepreneurs. Nous pensons notamment à la mise en place de titres-services pour la garde d’enfants ainsi qu’une déductibilité qui interviendrait dans les frais de garde.

Roexpat: Ont encore les femmes indépendantes plus de difficultés pour obtenir un crédit auprès d’une banque?

Alexia Bertrand&David Leisterh: Nous espérons que non! Le regard sur les femmes dans le monde de l’entreprenariat a fort changé ces dernières années. De nombreuses études ont démontré la fiabilité et l’efficacité du dispositif de microcrédit lorsqu’il est adressé aux femmes (cf. Muhammad Yunus).

Aussi, d’autres études ont à leur tour démontré que lorsqu’une fonction dirigeante était occupée par une femme, l’entreprise, qu’elle soit une PME ou une multinationale, enregistrait de meilleures performances en termes de management ou réduction de risque de faillite. Néanmoins, nous ne pouvons pas exclure que des stéréotypes continuent d’exister çà et là.

Roexpat: Comment sont encouragés les potentiels entrepreneurs d’origine étrangère de créer une société en Belgique? (20% des indépendants de Belgique sont d’origine étrangère et le nombre n’arrête pas de grimper). 

Alexia Bertrand&David Leisterh: Pour favoriser un terreau entrepreneurial général en Région bruxelloise, il faut pouvoir proposer des outils complémentaires d’aides et de soutien aux acteurs qui veulent se lancer dans cette aventure. Cela passe, d’une part, par une offre de formation en adéquation avec les besoins exprimés.

Roexpat: Avez-vous eu des expériences avec des entrepreneurs roumains spécifiquement ou étrangers en général? Quelles en sont vos impressions sur l’entrepreneuriat de la diversité, sans distinction d’origines? 

Alexia Bertrand&David Leisterh: De notre expérience personnelle, nous avons été amenés à collaborer avec des entrepreneurs étrangers de manière générale et avec des entrepreneurs roumains spécifiquement. Nous en gardons le souvenir d’un service professionnel et de qualité avec des travailleurs courageux et disciplinés.

Enfin, vous nous interrogez sur l’entrepreneuriat de la diversité, mais nous ne faisons aucune distinction d’origine dès lors que la qualité du produit qui m’est proposé ou du service qui est presté est satisfaisante. Nous croyions que cette impression est générale à tous: un client satisfait est un client qui reviendra.

Roexpat: Quel est votre message pour les entrepreneurs de tout horizon?

Alexia Bertrand&David Leisterh: Si vous avez une bonne idée et un bon plan financier, foncez ! Les Libéraux défendront toujours la position de celui qui se lance et de celui qui ose. Si vous avez un bon produit ou service, il y aura toujours une place pour vous !

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